Bâtiment : La valeur verte reste un « concept » en France

Malgré la multiplication des certifications environnementales, la valeur verte des biens immobiliers tarde à être reconnue sur le marché selon le dernier Baromètre du reporting de l’éco-performance des bâtiments.

« La notion de valeur verte peine encore à être reconnue par les différents métiers de l’immobilier ». C’est ce qui ressort du Baromètre 2010 du reporting de l’éco-performance des bâtiments publié mardi par Novethic avec le soutien de l’Ademe. L’étude, qui évalue depuis 2007 la qualité de la communication sur la performance environnementale des biens immobiliers, constate que la valorisation financière de l’argument vert reste « émergente ». Certes les acteurs du secteur font de plus en plus d’efforts pour fournir en matière d’information du public. Poussés par l’arrivée annoncée de nouvelles réglementations énergétiques, promoteurs et constructeurs ont considérablement amélioré leur arsenal d’évaluation. La quasi-totalité d’entre eux ont ainsi intégré les performances énergétiques et des émissions de CO2 des bâtiments dans leur communication et plusieurs nombre ont réalisé des bilans carbones exhaustifs et des audits énergétiques.

Des certifications mais pas de marché

Mais pour que la performance environnementale des biens soit reconnue à sa juste valeur, la communication ne suffit pas. Bien que de plus en plus répandues, les constructions basse consommation (BBC), haute qualité environnementale (HQE) ou à énergie positive (BEPOS) restent très marginales dans le paysage immobilier. « Certes, les certifications énergétiques se multiplient mais elles n’ont pas aujourd’hui une valeur de marché », constate Novethic. En somme, tant qu’il n’y aura pas de revente de bâtiments économes, la valeur verte restera « à l’état concept » en France. D’où des engagements chiffrés encore imprécis de la part des promoteurs et des foncières en matière de réduction des émissions de CO2. Avisés, ces derniers hésitent encore à se jeter à corps perdu sur un marché dont la concurrentialité n’est pas assurée. Et c’est sûrement aussi pour cette raison que les gestionnaires d’actifs immobiliers restent dans leur grande majorité muets sur la performance environnementale de leurs biens.

Les investisseurs pas encore convaincus


La prise en compte de la valeur verte de l’immobilier va donc prendre du temps. « Aujourd’hui, c’est plutôt la non prise en compte des critères environnementaux qui va entraîner ou entraîne déjà une perte de valeur » souligne Jean-François Le Téno, directeur développement durable chez Axa Real Eastate. L’obligation de réaliser des bilans carbone, d’atteindre une performance de 50 kWh/m2/an pour les constructions neuves à partir de 2012, ou encore la généralisation de l’énergie positive en 2020 semblent garantir une évolution dans le bon sens. Mais le déclic, lui, viendra des investisseurs pas encore « convaincus » de la valeur supplémentaire apportée par les bâtiments verts, selon le consultant en immobilier Jean Carassus.

10 novembre 2010, Johannes Braun

Un article du journal du développement durable du net. Alors les auto constructeurs vont ils spéculer sur leur bien(s) ? L'avenir nous le dira.

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